Dimanche 10 février

11 02 2008

Retour

Focus sur…

Interview de François Minadakis, enseignant en école primaire

Focus sur…

Buffet africain organisé à la maison de l’International

Focus sur…

Regards sur les problèmes de production et de diffusion du cinéma africain

Intervention de Hassan Soulé après la projection du film Il va pleuvoir sur Conakry (Cheick Fantamady Camara, 2007)

La journée Afrique réserve également une place de choix à deux moyens métrages très récents. Ces derniers traitent des mêmes thèmes – la famille, l’exil, la pauvreté – suivant des axes à la fois opposés et complémentaires.

Le matin, à la Cinémathèque une cinquantaine de personnes assistent à la projection de Sisai (David Gavro, 2006). Il s’agit de l’histoire singulière d’un jeune israélien qui apprend à vingt ans qu’il a été adopté. Sa mère vient de mourir et son père adoptif lui propose de retrouver son père biologique en Ethiopie. En parallèle, on est invité à s’interroger sur sa position dans la société israélienne alors qu’il devient père et fonde sa propre famille en Israël.

Le second documentaire, Partir ou mourir (Rodriguez Saez, 2007) ne traite pas seulement de la singularité ; il cherche aussi à comprendre les mécanismes qui mènent toujours plus de jeunes à partir en occident.

Rapprocher ces deux films fait sens dans la mesure où ils travaillent tous deux la question de l’exil, de la distance qui sépare les familles. Sisai, lorsqu’il arrive en Ethiopie, ne peut s’empêcher de photographier tout ce qu’il voit, comme un touriste, mais aussi « pour faire trace », « pour montrer à ses amis de régiment [Israéliens], qu’ici aussi il y a des choses ». Dans Partir ou mourir, la parole est donnée à des sénégalais dans leur pays d’origine : leurs mots sont tous tournés vers les côtes de l’Europe, vers ces Européens qui jadis ont pillé les ressources de leur pays et qui maintenant les empêchent de venir travailler en occident.

Autant Sisai est un film sur l’aller – retour, autant, Partir ou mourir est un film sur l’aller sans retour et même plus sur l’impossibilité d’aller vers l’avant. Car si le jeune israélien voyage pour mieux se reconstruire ensuite dans son pays d’adoption, les sénégalais eux ne peuvent pas partir. Malgré leur volonté sans faille, les militants interrogés font tous le constat que les difficultés qu’ils rencontrent – la corruption des dirigeants, le néo-impérialisme de l’état français, le chômage endémique, le capitalisme sauvage – les empêchent d’aller de l’avant.

 


Actions

Information

Laisser un commentaire