Le mercredi 13 mai 2009, pour la troisième séance du cycle de Cinéchanges « Circulez, y’ a rien à voir », une quinzaine de personnes ont participé au premier atelier pratique organisé par Paroles d’ Images portant sur la bande sonore.
Cette séance fut d’autant plus particulière qu’elle s’est déroulée dans un nouveau lieu : le centre social Espace Cambrai, dans le 19eme arrondissement de Paris.
Un nouveau public, principalement composé de jeunes et de bénévoles du centre, a ainsi pu mettre la main à la pâte lors de cet atelier dont nous allons vous présenter le déroulement.

Il s’agissait d’aborder la question du rapport entre sons et images en mouvement : comment se fabrique la bande sonore d’un film ? En quoi influence-t-elle ce que l’on voit ? Quelles sont les interactions entre les deux ? L’objectif final étant d’imaginer puis d’enregistrer la bande son – musique, voix et bruitages – d’un court extrait vidéo. Par ce biais nous souhaitions conduire les participants à la fois à avoir un regard plus critique sur les images, mais également à leur faire prendre concrètement conscience des possibilités créatives entre images et sons.
Notre intervention a commencé par un bref historique de l’histoire des techniques. Ainsi, nous avons évoqué la naissance du cinéma (les premières vues Lumière), puis le passage au parlant (Le chanteur de jazz, 1927), avant d’insister un peu plus sur la possibilité de synchroniser en direct le son (Cinéma-direct) et sur le rôle que peut avoir la voix off (Lettre de Sibérie, Chris Marker).
La sonorisation s’est progressivement complexifiée et nous avons pu en découvrir un des aspects à travers le making-off du film Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (France, 2007). Nous avons sélectionné un passage de 4 minutes, quasi sans paroles, sur le métier de bruiteur.
Afin de se rendre compte du rôle joué par la musique, nous avons continué la séance avec un blind-test. A partir d’extraits de musiques de film, le but n’était pas de retrouver l’œuvre à laquelle ils étaient liés, mais d’échanger autour de ce que ces mélodies évoquaient chez chacun des participants : à quel genre ou à quelle scène elles pouvaient faire penser. L’objectif était de prendre conscience que si certaines musiques renvoyaient à un thème précis (BO Batman et « action »), dans d’autres cas cela était plus compliqué et que les sensibilités de chacun n’aboutissaient pas à un consensus.
La seconde partie de l’atelier fut consacrée à la création d’une bande sonore par le groupe. Nous avons proposé trois courtes vidéos diffusées sans son : deux archives d’actualité d’une minute chacune et un extrait d’un film expérimental de 30 secondes. Les discussions ont alors porté sur le choix de la bande visuelle. Les participants ont opté pour un extrait d’actualité traitant des départs en vacances dans une volonté quasi générale d’aller vers quelque chose de drôle et joyeux.
Dans une première partie, nous voyons une autoroute encombrée et les activités commerçantes qui se développent sur les bas côtés (vente de melons) ; la deuxième partie présente des panoramas de plages et des gens qui profitent du soleil.

L’atelier s’est ensuite poursuivi par l’écriture collective de la bande sonore. Guidé par l’équipe de Paroles d’ Images, le groupe a d’abord choisi les musiques qui allaient donner le ton de la scène et les moments où les placer. Le document d’actualité fut repassé plusieurs fois afin de réfléchir au sens des paroles et des bruits qui allaient accompagner les images : « là on pourrait mettre que de la musique puis un silence et là on fait parler le type à l’écran », « ici un coup de sifflet », « là un bruit d’eau », puis « ici une voix stridente », là « une description » ou « on pourrait dire complètement autre chose » et puis encore « il faudrait faire un bruit de frein !» et enfin « on devrait siffler ces filles au bord de la plage » « ou alors leur donner la parole ! ». Les discussions et premiers essais ont duré une trentaine de minutes. Au final, si l’écriture de la bande sonore correspondait plus ou moins à la description des thèmes visuels, les participants n’ont pas spécialement recherché le réalisme, mais bien plus un regard distancié teinté d’un fort aspect humoristique.
Après quelques répétitions, vint l’instant crucial de l’enregistrement ! Alors que les images étaient vidéoprojetées, une première prise fut réalisée, timide et maladroite, puis une seconde, enrichie de nouvelles idées et qui fut la bonne.
Ensuite, les participants sont allés profiter d’un buffet, pendant qu’une partie de l’équipe de Paroles d’ Images a monté l’ensemble des voix, bruits, musique et images.
Le groupe est revenu dans la salle pour la restitution finale en deux temps : d’abord le film que nous avions sonorisé ensemble, puis la version originale, et… à l’unanimité, nous avons préféré la première !
Marie Sanyas et Rémy Besson.
PS : Toute l’équipe de Paroles d’Images se joint à nous pour remercier chaleureusement Djamila, responsable de l’Espace Cambrai, ainsi que l’ensemble du centre social, pour la qualité de son accueil !
Merci également à l’association 1 Ciné Différent ! pour le prêt de matériel technique.




