Cinéchanges : séance du 27 mai 2009

24 05 2009

« Des mots, des visages »

Mercredi 27 mai 2009 à 19 h 00 (Espace Cambrai)

Séance suivie d’une discussion animée par Lucile Debaye, Antony Ouvrieux et Guillaume Ruffat.

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Trois voix pour une image

22 05 2009

Le mercredi 13 mai 2009, pour la troisième séance du cycle de Cinéchanges « Circulez, y’ a rien à voir », une quinzaine de personnes ont participé au premier atelier pratique organisé par Paroles d’ Images portant sur la bande sonore.
Cette séance fut d’autant plus particulière qu’elle s’est déroulée dans un nouveau lieu : le centre social Espace Cambrai, dans le 19eme arrondissement de Paris.
Un nouveau public, principalement composé de jeunes et de bénévoles du centre, a ainsi pu mettre la main à la pâte lors de cet atelier dont nous allons vous présenter le déroulement.

Il s’agissait d’aborder la question du rapport entre sons et images en mouvement : comment se fabrique la bande sonore d’un film ? En quoi influence-t-elle ce que l’on voit ? Quelles sont les interactions entre les deux ? L’objectif final étant d’imaginer puis d’enregistrer la bande son – musique, voix et bruitages – d’un court extrait vidéo. Par ce biais nous souhaitions conduire les participants à la fois à avoir un regard plus critique sur les images, mais également à leur faire prendre concrètement conscience des possibilités créatives entre images et sons.

Notre intervention a commencé par un bref historique de l’histoire des techniques. Ainsi, nous avons évoqué la naissance du cinéma (les premières vues Lumière), puis le passage au parlant (Le chanteur de jazz, 1927), avant d’insister un peu plus sur la possibilité de synchroniser en direct le son (Cinéma-direct) et sur le rôle que peut avoir la voix off (Lettre de Sibérie, Chris Marker).

La sonorisation s’est progressivement complexifiée et nous avons pu en découvrir un des aspects à travers le making-off du film Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (France, 2007). Nous avons sélectionné un passage de 4 minutes, quasi sans paroles, sur le métier de bruiteur.

Afin de se rendre compte du rôle joué par la musique, nous avons continué la séance avec un blind-test. A partir d’extraits de musiques de film, le but n’était pas de retrouver l’œuvre à laquelle ils étaient liés, mais d’échanger autour de ce que ces mélodies évoquaient chez chacun des participants : à quel genre ou à quelle scène elles pouvaient faire penser. L’objectif était de prendre conscience que si certaines musiques renvoyaient à un thème précis (BO Batman et « action »), dans d’autres cas cela était plus compliqué et que les sensibilités de chacun n’aboutissaient pas à un consensus.

La seconde partie de l’atelier fut consacrée à la création d’une bande sonore par le groupe. Nous avons proposé trois courtes vidéos diffusées sans son : deux archives d’actualité d’une minute chacune et un extrait d’un film expérimental de 30 secondes. Les discussions ont alors porté sur le choix de la bande visuelle. Les participants ont opté pour un extrait d’actualité traitant des départs en vacances dans une volonté quasi générale d’aller vers quelque chose de drôle et joyeux.
Dans une première partie, nous voyons une autoroute encombrée et les activités commerçantes qui se développent sur les bas côtés (vente de melons) ; la deuxième partie présente des panoramas de plages et des gens qui profitent du soleil.

L’atelier s’est ensuite poursuivi par l’écriture collective de la bande sonore. Guidé par l’équipe de Paroles d’ Images, le groupe a d’abord choisi les musiques qui allaient donner le ton de la scène et les moments où les placer. Le document d’actualité fut repassé plusieurs fois afin de réfléchir au sens des paroles et des bruits qui allaient accompagner les images : « là on pourrait mettre que de la musique puis un silence et là on fait parler le type à l’écran », « ici un coup de sifflet », « là un bruit d’eau », puis « ici une voix stridente », là « une description » ou « on pourrait dire complètement autre chose » et puis encore « il faudrait faire un bruit de frein !» et enfin « on devrait siffler ces filles au bord de la plage » « ou alors leur donner la parole ! ». Les discussions et premiers essais ont duré une trentaine de minutes. Au final, si l’écriture de la bande sonore correspondait plus ou moins à la description des thèmes visuels, les participants n’ont pas spécialement recherché le réalisme, mais bien plus un regard distancié teinté d’un fort aspect humoristique.

Après quelques répétitions, vint l’instant crucial de l’enregistrement ! Alors que les images étaient vidéoprojetées, une première prise fut réalisée, timide et maladroite, puis une seconde, enrichie de nouvelles idées et qui fut la bonne.

Ensuite, les participants sont allés profiter d’un buffet, pendant qu’une partie de l’équipe de Paroles d’ Images a monté l’ensemble des voix, bruits, musique et images.

Le groupe est revenu dans la salle pour la restitution finale en deux temps : d’abord le film que nous avions sonorisé ensemble, puis la version originale, et… à l’unanimité, nous avons préféré la première !

Marie Sanyas et Rémy Besson.

PS : Toute l’équipe de Paroles d’Images se joint à nous pour remercier chaleureusement Djamila, responsable de l’Espace Cambrai, ainsi que l’ensemble du centre social, pour la qualité de son accueil !

Merci également à l’association 1 Ciné Différent ! pour le prêt de matériel technique.





Cinéchanges : séance du 20 mai 2009

18 05 2009

« Des engagés »

Mercredi 20 mai à 19h – Espace Cambrai (Paris, 19ème)

Intervenante: Mélanie Fioleau

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Vue(s) d’ici, vie(s) d’ailleurs

14 05 2009

La deuxième séance des Cinéchanges 2009 portant sur la migration et la libre circulation des personnes s’est déroulée le 14 avril à la Maison des Initiatives Etudiantes en présence d’une vingtaine de personnes.

Le sujet était Vue(s) d’ici, vie(s) d’ailleurs, soit le regard que nous portons sur les autres.

Cette séance s’inscrivait dans le cadre de la semaine de la culture romani qui se déroulait du 3 au 10 avril. Nous avons à cette occasion proposé à des jeunes Roms de participer à un atelier de programmation qui devait se dérouler au mois de mars. L’intérêt de cet atelier était de confronter un regard autre à la mise en scène de la différence. Cette confrontation nous paraissait justifiée à double titre.

Tout d’abord, les Roms sont fréquemment victimes de regards, au mieux indifférents, au pire hostiles. Les politiques actuelles de sédentarisation pour les Tsiganes français et de refoulement pour les Roms d’Europe de l’Est ne sont pas nouvelles et s’ancrent dans un long passé d’incompréhension et de négation de leur altérité. Mais, si cette problématique de la différence nous semblait pertinente à double titre, c’est aussi parce que, dans la conception de la vie romani, cette dichotomie entre nous et les autres est omniprésente.

La langue romani elle-même comporte une distinction entre ceux qui appartiennent au groupe (les Roms) et ceux qui n’y appartiennent pas (les Gadjé). Et même si des liens d’amitié se tissent de façon sincère et profonde, le Gadjo reste un Gadjo. Cette manière de voir leet  monde, si particulière, nous semblait intéressante à poser sur avec des films traitant de la frontière, plus ou moins perméable, entre nous et les autres.

Cette réflexion s’est faite à travers un panel de films auxquels devaient se confronter les adolescents. Ils devaient alors effectuer une sélection fondée sur des critères esthétiques, révélant leur vision de l’expression de l’altérité. Cette vision faisait l’objet de deux restitutions, une lors de la semaine de la culture romani et la seconde lors des cinéchanges. Malheureusement l’atelier n’a pu se dérouler comme prévu, les adolescents ne s’étant présentés à toutes les séances. Les films Zohra à la plage et Histoire tragique avec fin heureuse sont cependant issus de leur sélection. Adèle Sutre et moi-même, médiatrices sur ces séances, avons choisi les 3 derniers films figurant dans la sélection finale.

Nous avons débuté avec le film Zohra à la plage, fiction de Catherine Bernstein. Nous avons choisi d’amorcer la séance avec ce film car il permettait de jeter un regard sur les difficultés d’une femme algérienne à se débarrasser des contraintes imposées par sa culture dans un lieu qui lui était jusqu’alors inhabituel : la plage. Zohra va peu à peu se libérer de ses contraintes, découvrant les joies simples du soleil sur la peau nue, du sable humide sous le pied, du bain de mer et des jeux de ballon. Le film met en avant l’importance du regard de l’autre. Celui-ci modifie notre propre perception de ce que nous sommes et peut voir de grandes conséquences en fonction de l’importance que nous accordons à ce regard.

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Histoire tragique avec fin heureuse de Regina Pessoa part à la rencontre d’une petite fille qui possède un cœur d’oiseau qui bat très fort. Métaphore de la différence, le film retranscrit les réactions des villageois face à la différence de cette petite fille. Histoire tragique avec fin heureuse a soulevé des interprétations différentes quant à la « fin heureuse ». Si la ville se met à battre au rythme de son cœur, elle finit tout de même par s’envoler avec ceux qui sont « comme elles », les oiseaux. Peut-on vivre avec les autres ?

Vous pouvez voir ce film sur le site d’Arte.

Le film Pavane de l’ange réalisé par Patrick Pleutin retrace l’aventure d’une rencontre entre deux garçons. Il faut pour le personnage principal sortir de son territoire, traverser, franchir ses propres frontières pour aller à la rencontre de cet enfant gitan. Les couleurs saturées, la musique, les plans de ce film expérimental nous déstabilisent et nous questionnent sur la réalité ou l’onirisme de ce récit. Les couleurs, le fil rouge qui se détricote du pull de l’enfant, les plans utilisés démarquent les deux territoires de manière distincte. Avant de s’écrier « Chez moi c’est partout » au sortir de cette expérience initiatique, nous verrons l’enfant visiter ce territoire inconnu avec un pistolet en bois, symbole d’une position offensive. Ce film questionne quant au positionnement que nous devons adopter pour rendre possible la rencontre avec l’autre.

Pavane de l’ange et Zohra à la plage sont les deux seuls films positifs de cette sélection, où les héros sortent de leurs valeurs refuges pour aborder l’autre et sa culture. Une spectatrice a fait remarquer, lors de l’échange, que les trois autres films étaient peut être plus révélateurs de notre comportement actuel : intolérance, racisme, discrimination, rejet, incompréhension.

Saving Mom and Dad de Kartik Singh nous plonge dans l’univers de Ravi, neuf ans, qui apprend dans son école américaine que c’est à travers Jésus qu’on va au Paradis. Il va alors essayer de convertir ses parents d’obédience Sikh à la religion catholique.

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Une bobine de film est retrouvée, montrant la vie d’extra-terrestres: les Zogs. Ceux-ci sont en de nombreux points semblables aux humains, si ce n’est que la tête et les organes sexuels sont « au mauvais endroit ». L’assistance qui découvre le film est outrée par l’existence d’êtres aussi scandaleux et demande l’extermination des habitants de la planète Zog. Il nous semblait nécessaire de terminer la séance avec le film d’animation en noir et blanc de Phil Mulloy Intolérance, largement marqué par l’humour et la dérision. Mulloy y dénonce avec un ton sarcastique l’absurdité de notre société et ses vices cachés : des tabous sexuels, en passant par la manipulation ou encore la folie religieuse…. Grâce à ses personnages représentés par des figures squelettiques qu’on pourrait croire presque morts, P. Mulloy nous confronte à nos contradictions et à la misère autant intellectuelle que sociale des êtres humains.

Ce qui paraît anodin aux yeux de l’assistance est considéré comme scandaleux chez les Zogs et inversement. Mulloy nous présente ici la subjectivité totale de nos valeurs ; les notions de bien et de mal nous apparaissant comme toutes relatives à l’éclairage de la confrontation de ces personnages aux coutumes distinctes des leurs. Ce film nous a permis de  questionner les spectateurs sur le bien fondé des actes et valeurs humains, en s’ interrogeant sur la capacité ou non des individus à aller à l’encontre de leurs penchants naturels.

Il nous a semblé que l’idée de frontière était omniprésente dans chacun des films. L’autre serait au-delà d’une frontière qu’il n’appartient qu’à nous de franchir.

Adèle Sutre et Marine Philippon





Suite du cycle « Circulez y’ a rien à voir »

5 05 2009

ATTENTION

Les trois dernières séances du cycle « Circulez y’ a rien à voir » se dérouleront dans un nouveau lieu :

de 19h à 21h à l’espace Cambrai dans le 19ème.

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